Boire un café, manger un morceau sur le pouce ou encore trouver à temps la bonne porte d’embarquement : dans un aéroport, on a généralement beaucoup de choses en tête… et le tri sélectif des déchets n’en fait pas forcément partie. D’où l’importance d’un système simple et intuitif. L’aéroport d’Eindhoven s’est penché sur la question et a choisi d’abandonner les bornes de collecte classiques installées dans le terminal. En collaboration avec REMONDIS, l’aéroport met désormais en place un système de tri basé sur ce que les voyageurs jettent réellement dans la poubelle. Des visuels spécialement adaptés au lieu, une collecte séparée des restes alimentaires et des analyses régulières des déchets visent à réduire au maximum les erreurs de tri et à améliorer le taux de captation et la qualité des fractions recyclables.
« Le tri des déchets doit être compréhensible au premier coup d’œil. En utilisant des photos de déchets que les gens tiennent réellement entre les mains, nous leur facilitons la tâche au maximum et les aidons à faire le bon geste. »
Roger Versluis, directeur régional pour la région Sud chez REMONDIS Nederland
Un aéroport exempt de déchets résiduels
Faute d’une signalisation réellement claire, il n’était jusqu’à présent pas rare que des matériaux recyclables échouent dans les bacs à déchets résiduels. Dans le même temps, les flux de déchets ayant fait l’objet d’un tri sélectif – à l’instar des emballages plastiques, des briques de boissons ou encore du papier et du carton – se retrouvaient très souvent souillés car mélangés à d’autres déchets.
À la demande de l’aéroport d’Eindhoven, REMONDIS a mené une étude visant à déterminer quels types de matériaux étaient réellement jetés à l’aéroport. Les résultats de cette étude ont été directement pris en compte dans la conception des nouvelles bornes à déchets. Désormais, fini les symboles abstraits et les descriptions vagues. Les voyageurs retrouvent, au contraire, des exemples concrets de déchets présents couramment dans un aéroport, comme les étiquettes de bagages. Ces exemples sont représentés par des autocollants amovibles. Les visuels peuvent ainsi être rapidement adaptés si des études montrent que les voyageurs ne comprennent pas une indication ou si la qualité du tri tend à évoluer. De plus, les déchets alimentaires font désormais l’objet d’un tri entièrement séparé. L’objectif : éviter que les autres flux de matériaux recyclables ne soient souillés par les déchets alimentaires, souvent liquides.
Les poubelles de l’aéroport d’Eindhoven sont désormais dotées de visuels facilement compréhensibles pour permettre aux voyageurs de trier leurs déchets de manière rapide et intuitive.
Mesurer le tri des déchets
La réussite de ce concept implique de ne rien laisser au hasard. À l’avenir, de nouvelles analyses de déchets permettront de déterminer la quantité de matériaux recyclables qui finissent encore dans les déchets résiduels et d’évaluer la qualité de la captation des différents flux de matière. Parallèlement, les volumes collectés sont, eux aussi, tracés et enregistrés. Cette méthode devrait permettre de vérifier si les déchets destinés au recyclage se déplacent effectivement des déchets résiduels vers les flux de matières recyclables prévus à cet effet. Couplées aux observations du « coach déchets », ces données constituent une base d’informations solide qui va permettre à l’aéroport d’Eindhoven et à REMONDIS de perfectionner le système de manière ciblée.
« Loin de constituer une solution ponctuelle, ces bornes s’inscrivent dans une démarche globale visant à favoriser, en continu, les processus d’apprentissage et d’amélioration du système », explique Roger Versluis. « Avec l’aéroport d’Eindhoven, nous rendons le tri des déchets mesurable et donc mieux maîtrisable. »
Prochaine étape : le recours à l’IA
Et la prochaine étape se profile déjà à l’horizon. L’aéroport d’Eindhoven et REMONDIS souhaitent en effet étudier la possibilité d’implanter des modules « intelligents ». Grâce à l’intelligence artificielle, ceux-ci seraient en mesure d’identifier les matériaux déposés dans les poubelles. Les données recueillies pourraient permettre de déterminer à quels endroits les erreurs de tri sont les plus fréquentes et quelles indications supplémentaires pourraient s’avérer utiles. Cela permettrait d’identifier plus rapidement les ajustements nécessaires et de les mettre en place immédiatement, sans attendre la prochaine étude de grande ampleur.
L’approche adoptée par l’aéroport d’Eindhoven illustre à quel point l’économie circulaire moderne est amenée à évoluer sans cesse. Et le succès ne dépend pas uniquement de la pertinence de l’infrastructure technique. Il est tout aussi crucial d’analyser et de quantifier le comportement des consommateurs pour faire évoluer le système de manière fine et ciblée.
Crédits photographiques : © REMONDIS





